De bleu et de brume

Observer une peinture de Françoise Roueff, c’est plonger dans l’intimité du quotidien. A la fois présent et absent, l’individu est là sans y être : trace de son passage, l’objet, en attente, en suspens sur la toile, flotte dans un nuage de brume. Pour faire corps avec le support, dans cette envolée teintée de bleu et de gris, un élément, commun à toutes les œuvres, vient les unir dans une harmonie tonale et ramener la poésie de l’objet à une réalité plus triviale : un ruban de papier collé qui se fond et se confond avec la toile. En accord ou en désaccord, la matière et l’objet font corps et le corps s’invite et se dévoile dans une obscure clarté. Cette sourde lumière blanchâtre, est-ce la lumière de la Création ou un mélange intime de chaos et de clarté ? « C’est la révélation cachée qui communique en ce qu’elle est imperceptible, inséparable de l’obscurité. « 

Azza Chérif